1er Forum sur la Sécurité en mer à La Villette

Sauvetage en mer, quelques chiffres éloquents !

  • Publié le : 07/03/2009 - 17:55

Un canot SNSM tout-temps en intervention Les pannes moteur restent l'une des premières causes d'intervention de la SNSM. C'est en tout ce qui est ressorti d'une enquête de l'UNAN mise en avant lors du premier Forum de la Sécurité en mer, le 3 mars dernier à La Villette. Photo © Gilles Martin-Raget Le 1er Forum Mer et Sécurité, qui s'est tenu le 3 mars dernier à La Villette, a été l'occasion de préciser un certain nombre de chiffres qui photographient ce qu'ont été les opérations de sauvetage en 2008. Ces données brutes doivent permettent à la SNSM et aux autorités compétentes d'améliorer la prévention auprès des publics visés.

Nombre d'opérations.
Au cours l'année 2008, les CROSS (Centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage) ont réalisé 8 800 opérations. On entend par opération toute alerte donnant lieu à une mise en oeuvre de moyens de sauvetage. Ce nombre d'opérations représente une augmentation de 20 % sur une période de cinq ans.

Ventilation par activité concernée
Plaisance : 4 000 opérations.
Pêche : 1 000 opérations.
Commerce : 777 opérations.
Loisirs nautiques (pêche amateur, ski nautique, plongée, nageurs...) : 700 opérations.
Aéronefs : 46.
Divers : 35.
Fausses alertes : un peu plus de 2000.
A noter le pourcentage important de fausses alertes, parmi lesquelles de nombreux tirs intempestifs de fusées. Et le fait que dans 2 830 cas, les navires secourus se sont tirés d'affaire par leurs propres moyens, avant ou pendant l'arrivée des secours.

Résultats des opérations, toutes activités confondues
16 600 personnes ont fait l'objet d'une opération de sauvetage.
13 000 personnes ont été secourues.
638 personnes ont été blessées.
186 personnes sont décédées.
163 personnes ont disparu.

Sauvetage : des chiffres éloquents Sur ces différents schémas, on peut noter le nombre de fausses alertes, la part énorme des pannes moteur dans les interventions - et l'efficacité des secours en mer. Photo © Noémie Cazier Noyades
L'Institut de veille sanitaire (InVs) se penche de son côté sur le phénomène des noyades, toutes activités confondues, étant considérée comme noyade toute suffocation dans l'eau donnant lieu à intervention des secours, que cet incident soit suivi d'un décès ou non (on parle de noyades et de <quasi-noyades>).
Les chiffres de la dernière enquête remontent à 2006. Pour les activités nautiques, on retiendra que 53 % des noyades ont lieu en mer dans la bande des 300 mètres et seulement 3 % au-delà.
L'enquête faite ressortir deux facteurs : d'une part une évidente corrélation entre la météo et le nombre de noyades (plus la météo est belle, plus les accidents sont nombreux), et d'autre part une augmentation du nombre de noyades en fonction de l'âge des sujets. En mer, les plus de 65 ans constituent une part importante des accidentés. Une recommandation s'impose, à partir de la soixantaine, il est prudent de nager là où on a pied ou de ne pas s'éloigner du bord en restant sous la surveillance d'un tiers demeuré sur le pont si l'on plonge depuis son bateau !
A l'occasion du Forum <Mer en Sécurité>, les déplacements en annexe surchargées et sans brassières ont été particulièrement signalés comme une source récurrente d'accidents.
L'ensemble de l'enquête <noyades> peut être consulté sur le site de l'InVs.

Les motifs d'intervention
L'UNAN (Union nationale des associations de navigateurs) a pour sa part réalisé une enquête auprès des bateaux de plaisance, voile et moteur ayant fait l'objet d'une opération d'assistance.
Un questionnaire a été adressé à 25 % des propriétaires de bateaux assistés. Le taux de retour des questionnaires a été de 45 %. Cela fournit une base statistique encore faible, mais tend néanmoins à fournir des indications.

Les causes d'appel de détresse
> Moteur : 61 %
(dont 10,9 % de pannes électriques, 8 % de pannes sèches ou de réservoirs pollués et 7,6 % de problèmes de refroidissement).
> Coque, gréement : 7 %.
> Difficultés de navigation : 12 %
(dont 7,6 % d'échouement ou de problème de navigation et 3% de navires chavirés ou coulés).
> Hélices prises dans les engins : 10 %.
> Mouillage, amarres : 4 %.
> Santé : 3%.
> Autres : 3%.

Enfin, un chiffre rassurant qui démontre que la solidarité des gens de mer n'est pas un vain mot : selon la SNSM, 30 à 40 % des opérations de sauvetage ont été opérées ou initiées par des pratiquants venus au secours les uns des autres.
On peut à ce sujet saluer le prix du Citoyen de le mer, remis lors du premier Forum sur la Sécurité en mer, à La Villette, dont vous trouverez le compte-rendu ici.