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1er Forum sur la Sécurité en mer à La Villette

Même les pros ont parfois de mauvais réflexes !

  • Publié le : 06/03/2009 - 16:45

Gérard Petipas, navigateur et organisateur de courses Gérard Petipas, ancien équipier d'Eric Tabarly, navigateur et organisateur de courses bien connu, le reconnaît lui-même : il n'est pas toujours très au fait des équipements de sécurité présents à bord. Photo © Gilles Martin-Raget Porte de La Villette à Paris, le 3 mars dernier. Le 1er Forum de la Sécurité en mer se termine, les professionnels de la mer reviennent sur les rencontres de la journée. Entre deux discussions techniques, une série de témoignages intrigue. Et fait réfléchir.

Gérard Petipas, navigateur et organisateur de courses au large bien connu, reconnaît ne pas avoir su utiliser les fusées de détresse lorsqu'il en a eu besoin en croisière. <Il y avait deux très bons marins à bord, raconte-t-il, mais ils ne savaient pas dans quel sens les tenir. Or, si on les allume à l'envers, elles brûlent le pont !> L'assistance rit jaune.

Dominique Servant, skipper professionnel, avoue que lorsqu'il a été éjecté de son annexe en marche, il n'avait ni gilet de sauvetage ni coupe-circuit. Le public fronce les sourcils. En juillet 2007, à La Londe (Var), Servant rejoint en annexe le catamaran dont il est responsable. Par beau temps et belle mer, il ne se méfie pas. Une vague un peu plus forte soulève pourtant l'annexe, le banc cède et le skipper passe par-dessus bord. Il se débarrasse difficilement de sa veste de quart et de ses bottes, puis décide de rejoindre le cata à la nage avec l'aide d'un vent favorable. Après 200 ou 300 mètres, il réalise que ce n'est pas possible.

Fatigué, très stressé, le skipper a froid. A terre, un plaisancier alerté à la vue de son annexe vide avertit à 20h03 la station SNSM de La Londe. Le sauveteur Hervé Duchemin raconte : <L'annexe tournait sur elle-même autour d'une bouée. C'est une pratique courante en Méditerranée : les plongeurs repèrent le fond avec un masque avant d'arrêter le moteur et de se mettre à l'eau. Mais dans le doute, mon équipage et moi y sommes allés. Nous avons rescapé M. Servant qui était agrippé à une bouée de la zone des 300 mètres.> Alors qu'il remercie ses sauveteurs, Dominique Servant souligne son propre <manque de professionnalisme>.

Voici deux pros, deux techniciens de la navigation qui n'ont pas pris le temps de la sécurité. Il n'est évidemment pas question de les stigmatiser : s'ils ont accepté de parler, c'est pour témoigner( avec force et humilité, de la nécessité de rester <en éveil>, toujours. <La France est un pays latin où chacun pense avoir un pacte personnel avec la mer, conclut Grégoire Dolto de la Fédération des industries nautiques. Il faut changer nos habitudes.>